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Lexique de science politique

 Auteur/autrice: Olivier Nay  Categorie: Politique  Éditeur: Éditions Dalloz  Publié: 28 janvier 2026  ISBN: 9782247173693  Pages: 1217  Langue: Francais  Taille du fichier: 9.4  Download
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Absolutisme : Se dit d’un système politique où l’ensemble des pouvoirs sont concentrés dans les mains d’une seule autorité, sans contrepoids ni

contre-pouvoirs.
La notion ne revêt pas de sens philosophique ou doctrinal précis. Elle désigne simplement un pouvoir concentré s’exerçant sans

partage, susceptible de s’observer dans différents types de régime (tyrannie, monarchie, dictature, république populaire, régime

totalitaire…). Elle est généralement synonyme de régime arbitraire et autocratique. Néanmoins, chez les historiens, le mot est utilisé dès la fin du ᴠe siècle pour évoquer la monarchie autoritaire des deux derniers siècles de l’Ancien Régime (ᴠe-ᴠe siècle), en particulier la monarchie française depuis Louis XIV.

Il faut enfin noter que l’idée ancienne de « pouvoir absolu », chez les philosophes, ne suppose pas que les rois puissent prendre des mesures contraires à la morale : la concentration du pouvoir au

profit du souverain suppose que ce dernier soit en mesure d’agir pour le bien de tous et, ainsi, de ne jamais abuser de son autorité.

➜ Autoritarisme, Droit divin. Abstention

[Socio. po.]

Comportement consistant à ne pas participer à l’acte de vote.

L’abstention peut être ponctuelle, intermittente ou, plus rarement, systématique. En France, le taux d’abstention est calculé à partir du nombre des électeurs qui, tout en étant inscrits sur les listes électorales, n’ont pas participé au scrutin. Dans d’autres pays, la

A

mesure plus exacte de l’abstention électorale porte sur l’ensemble de la population en droit de voter, qu’elle soit inscrite ou non sur les listes.
La sociologie électorale a mis en lumière les principaux déterminants

sociaux de « l’abstentionnisme de structure ». Ce dernier augmente tendanciellement avec l’isolement, l’absence d’intégration dans la société, la faiblesse du statut social et le faible niveau d’études. Les

classes populaires, bénéficiant d’un plus faible sentiment de compétence politique, tendent à s’abstenir davantage, sauf si la

participation à des organisations (partis politiques, syndicats, associations) compense ce phénomène en contribuant à forger, chez leurs membres, un sentiment de compétence lié au militantisme. De

même, les femmes se sont longtemps abstenues davantage que les hommes. Certains théoriciens élitistes se réjouissent de la faible participation de groupes sociaux considérés comme potentiellement hostiles à la démocratie. Les théoriciens du choix rationnel tendent à

expliquer l’abstention par la conviction qu’ont les électeurs du faible poids de leur vote.
Le reflux de la participation électorale dans les démocraties contemporaines a conduit à examiner les facteurs de « l’abstentionnisme de conjoncture ». En effet, l’abstentionnisme, dès lors qu’il est volontaire, devient un geste politique : il révèle le rejet, par certains électeurs, de l’offre électorale. Dans certains cas, il révèle un refus plus général du système représentatif (consécutif ou non à l’appel de certaines organisations à l’abstention).

➜ Banlieues, Cens caché, Exclusion, Femmes et politique, Inscription sur les listes électorales.


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